J’ai goûté le : Haut de Brun 2014 d’Alain Jaume (AOP Côtes du Rhône)

Chers lecteurs de Melt & Co,

C’est avec grand plaisir que je vous retrouve pour mon premier article de cette nouvelle année 2017. Tradition oblige, l’équipe de la rédaction de Melt&Co se joint à moi pour vous souhaiter tous nos meilleurs vœux, de santé et de bonheur. À ce sujet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande environ 3 verres de vin par jour, seulement 2 pour vous mesdames (sexisme quand tu nous tiens). Pour l’occasion, et cela va de pair, nous vous souhaitons également une année pleine d’opulence, digne des plus fins gourmets et nous espérons que vous trouverez le bon accord mets-vins qui saura égayer et faire jubiler votre palais. Quoi de mieux qu’une bonne résolution pour cette nouvelle année, alors commençons par ne plus jamais délaisser notre palais. Cette semaine j’ai décidé de vous aider dans votre quête, et j’ai dégoté spécialement pour vous un petit Côtes du Rhône du célèbre vignoble Alain Jaume. Cap sur ce domaine qui, au fil des années, s’est implanté parmi les plus grandes appellations de l’AOP Côtes du Rhône et dont la renommée internationale s’est forgée par l’élaboration de grands vins reflétant l’empreinte des terroirs riches et complexes du Rhône méridional, mais également par ses succès auprès des guides Parker et Hachette. Direction Orange dans le département du Vaucluse à quelques kilomètres d’Avignon et de Châteauneuf-du-Pape, à la rencontre de la famille Jaume.

Sous les tropiques en plein mois de janvier, dégustons ensemble ce petit Côtes du Rhône rouge signé Alain Jaume.

Quelques mots sur le vigneron :

Dans la famille Jaume, les générations perpétuent le métier de vigneron depuis que Mathieu, en 1826, décida de cultiver la vigne à Châteauneuf-du-Pape. Cette région aux conditions climatiques exceptionnelles, entre Mistral et ensoleillement quasi-omniprésent avait attiré l’attention des papes et devint dès le XIVe siècle l’un des fiefs pontificals de la viticulture. C’est à partir de 1979, qu’Alain et Odile Jaume poursuivirent la tradition de la vigne avec par exemple la création du Domaine Grand Veneur. Les 9 hectares des débuts sont désormais devenus 40 et l’entreprise est devenue Alain Jaume & Fils, Sébastien et Christophe les fils d’Alain, assurent progressivement la prospérité et la pérennité de cette belle entreprise familiale. Associés au savoir-faire familial, ils mettent aujourd’hui à profit leurs connaissances œnologiques et viticoles pour consolider la place du domaine parmi les plus grands vignerons de Châteauneuf.

Ce métier est une passion, un héritage et surtout une affaire de famille.

Les vignes du domaine sont en moyenne âgées d’une bonne quarantaine d’années et sont toutes conduites en respectant le protocole indispensable à l’agriculture biologique. Désormais le vignoble compte pas moins de 40 hectares de vignes parmi les plus célèbres appellation du Rhône tel que :  Côtes du RhôneCôtes du Rhône – VillagesChâteauneuf-du-Pape, Lirac ou encore Gigondas

Au fil des années le vignoble s’est implanté parmi les terroirs les plus notables de l’AOP Côtes du Rhônes. Ci-dessus Lirac, Ventoux, et à proximité de Châteauneuf-du-Pape.

Converti en agriculture biologique depuis déjà quelques années le domaine cultive ses terres avec bienveillance, et humilité. Comme tout bon vigneron Alain Jaume n’a pas oublié d’où il venait, et que la nature est une maîtresse parfois bien capricieuse mais qui peut s’avérer généreuse si on la respecte un tant soit peu. Comme il le dit lui-même : « Ce métier est un héritage mais surtout une passion. Il nous impose à la fois rigueur et persévérance face aux exigences de la nature. »
À ce propos, les sols du vignoble sont exclusivement entretenus par des labours superficiels et sont régulièrement soutenus par des composts végétaux. Toujours dans une démarche qualitative, les rendements sont faibles et maîtrisés et n’excèdent pas les 35 hl/hectare. Enfin et afin de favoriser l’aération des grappes, l’effeuillage manuel est pratiqué exclusivement dans la périphérie des raisins, et seulement du côté du soleil levant ceci afin de limiter  les risques d’échaudage du grain de raisin.

La vendange manuelle est triée grappe par grappe. Ici Christophe Jaume, le fils d’Alain pendant les vendanges.

Au sein de ces célèbres appellations, les cépages noirs récurrents dans la région sud-est vont bon-train. On retrouve tout naturellement la Syrah pour sa capacité à favoriser la couleur et à amplifier l’intensité des arômes et des tannins. Également le Grenache noir, qui constitue la charnière de l’encépagement de l’AOP, et qui apporte souplesse et opulence à la charpente du vin. Très populaire également, le Mourvèdre a su trouver sa place dans les assemblages régionaux, assurant un long potentiel de garde et une complexité aromatique notable.

Enfin les vins blancs sont eux élaborés à partir des cépages Clairette, Roussanne et Viognier. La Clairette exhale pleinement la fraîcheur, la finesse des arômes de fruits secs et des fleurs blanches. La Roussanne, quant à elle, développe des notes plus capiteuses, de coing, de miel, associés à une onctuosité finement épicée. Enfin le Viognier, lui, s’exprime par une fraîcheur surprenante, accompagné de notes de poire et de pêche blanche.

Les grappes sont soigneusement triées à la parcelle et seuls les plus beaux raisins sont conservés pour l’élaboration des vins du domaine.

De manière générale, chaque cépage sera vinifié séparément. La diversité des cépages utilisés, le décalage de la maturité phénolique entre chaque parcelle imposent une récolte et une vinification en quelque sorte « personnalisée » qui procurera pour chacun d’entre eux sa propre identité aromatique, son caractère et sa particularité gustative.

Les caves sont situées à Orange, juste sur la route de Châteauneuf-du-Pape, et sont utilisées pour faire des vins à la fois le Domaine Grand Veneur et Alain Jaume.

Le choix du vin : Le Haut de Brun rouge 2014 d’Alain Jaume (AOP Côtes du Rhône)

À vos verres ! Le Haut de Brun est un Côtes du Rhône issu de l’assemblage de 70% Grenache noir, de 20% Syrah et enfin 10% de Mourvèdre et de Cinsault.

Visuellement, la robe est d’un rouge rubis parsemée de nuances violines et d’une intensité moyenne à soutenue. Limpide et brillante, la robe décrit parfaitement les qualités propres aux vins de bonne facture. Le jambage s’avère être assez important et dévoile une belle part d’éthanol, de glycérol, et s’agrippe soigneusement à chaque recoin de la paroi du verre.

Le nez est d’une intensité modérée, net et propre, et repose principalement sur une gamme aromatique variant du fruit noir confit, tel que la mûre, la chair de la cerise noire et d’un soupçon de cassis, aux épices comme le poivre noir et la réglisse.

En bouche, l’attaque s’avère modérée et légèrement corsée. Les arômes de fruits noirs susmentionnés sont de nouveau au rendez-vous, la Burlat est à l’honneur et apporte l’essentiel du fruité au vin. Savoureux, le vin révèle un très bon volume, des tannins soyeux et un fruit très prononcé. On retrouve également une certaine astringence faisant légèrement assécher les gencives. Le profil de la finale s’oriente sur le caractère garrigue du terroir, mais aussi sur l’épice que peuvent apporter les arômes de la réglisse et du poivre noir. La longueur est quant à elle assez modérée, on y retrouve la persistance du fruit légèrement confituré.

Un intrus s’est glissé sur cette photo, arriverez-vous à le retrouver ?

Pour conclure, le Haut de Brun rouge s’avère être un classique, bon marché et généreux, le Côtes du Rhône de tous les jours par excellence. Ses tanins soyeux, ses épices chaleureux et l’équilibre de ses fruits mûrs, en font le parfait exemple de ce que peut offrir le climat et la richesse des sols du Rhône méridional. À servir chambré, entre 16 et 18°, son corps et ses arômes relevés font de lui le compagnon idéal des plus belles pièces de viande de chez votre boucher local. Je le recommande vivement accompagné d’un beau rôti de bœuf aux herbes de Provence, ou encore un carré d’agneau en croûte d’herbes. À boire dans les 4-5 ans à venir.

En direct de Singapour, c’était Frédéric pour Melt&Co. L’équipe des rédacteurs et moi même vous souhaitons d’excellents accords mets-vins pour cette nouvelle année.

Après plusieurs années d’études vitivinicole, et plusieurs expériences professionelles notamment dans la rayonnante Collioure, je vous invite à découvrir à travers mes articles, la richesse et la complexité des vins du terroir catalan. À déguster sans modération.

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