Vin Doux Naturel et la Solera

Bonjour à tous,

je profite d’un petit présent fait par mon collègue et amateur de bons vins, Gilles, pour écrire un petit article sur le Vin Doux Naturel et plus particulièrement sur la technique dite de « la Solera ».

La Solera, c’est quoi ?

Cette technique originaire d’Espagne, consiste à empiler des rangées de barriques les unes sur les autres. Le nombre d’étages peut varier.

La rangée se trouvant au sol s’appelle « la solera » et est constituée de barriques contenant le vin le plus vieux. Les rangées supérieures sont appelées « criadera » il peut donc y avoir plusieurs « criaderas ». Plus on arrive au sommet de cette étrange pyramide plus le vin est jeune.

L’élevage se fait en milieu oxydatif, les barriques sont donc fortement en contact avec l’air ( elles ne sont jamais remplies en totalité )

La mise en bouteille du VDN se fait donc à partir de la Solera en veillant bien à laisser une quantité suffisante dans les barriques qui seront à leur tour remplies par la première criadera qui sera elle remplie par le deuxième criadera et ainsi de suite. c’est un peu un système de vases communicants.

Le vin ainsi soutiré ne représente donc pas un millésime en particulier, mais un vin qui a pu traverser un demi siècle voire un siècle entier.

Il est d’une couleur ambrée plus ou moins sombre selon le nombre d’années passé dans la Solera.

Dégustation d’un vin issu d’une solera

Un petit mot d’abord sur la personne à l’origine du vin que j’ai pu déguster :

Il s’agit de M. Emile « Albert » CANUT, Maître de Chai à partir de 1942 chez Bourdouil Etablissement à Rivesaltes. Puis vers le début des années 1960, il exercera ses talents aux services de plusieurs caves notamment à Banyuls, Collioure et Thuir avec Byrrh.

M. CANUT avait donc en réserve dans sa propre cave, un vin doux naturel élevé en solera. Il daterait du début des années 60.

C’est donc un échantillon de ce vin que j’ai pu déguster.

  • Visuellement, nous pouvons déjà affirmer que dans le verre, le vin possède une couleur assez brun-orangé et limpide, le jambage ne trahit pas la présence importante d’alcool.
  • Au nez, des notes prononcées de noix et d’écorces d’oranges amères.
  • En bouche, l’attaque est sucrée puis confirme le nez avec les notes de noix, écorces d’oranges amères puis de figues sèches, la finale nous emmène sur des notes de café torréfié. Nous sommes face à tout ce qui caractérise un vin Rancio. Petit bémol : l’alcool est assez présent mais sans sensations de brûlures toutefois.

Encore une belle découverte pour ma part avec ce vin « fait maison » par un passionné avec les moyens de l’époque et qui a su traverser les années sans aucun problème.

Merci à Gilles pour cette belle découverte, une manière aussi de rendre hommage à un homme passionné par son métier.

 

BFox est un épicurien du Roussillon, il vous partage ses meilleures recettes et bouteilles !

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